Oser dire non à des propositions de sorties, à des invitations qui ne nous plaisent pas, au travail à un dossier supplémentaire alors que nous sommes déjà surchargé.es, est parfois difficile à faire.

Or dire oui alors que notre for intérieur lance un non très fort, ne nous aide en rien.

Il ne peut qu’en résulter tensions, frustrations, regrets avec un manque de motivation notable pour réaliser la tâche en question. Et c’est déjà un début de terrain de jeu pour la surcharge mentale…

Mais que cache en réalité cette difficulté à dire non ?

Derrière un oui forcé, différentes configurations sont possibles

Plusieurs profils se dessinent lorsqu’une personne n’ose pas dire « non ». Bien souvent il s’agit en réalité de l’expression de peurs sous-jacentes.

Ces craintes ne sont pas exclusives, elles peuvent se superposer entre elles, rendant le refus d’autant plus difficile à exprimer.

Je vais en citer quelques-unes dans cet article même si elles ne sont pas exhaustives.

  • La peur du conflit et de la confrontation :

Toute forme de désaccord, en opposition avec ses propres volontés, peut créer un ressenti de tension interne désagréable.

Pour les personnes ressentant cette peur, maintenir l’harmonie à tout prix est essentielle et prime d’ailleurs sur leurs propres besoins.

Elles préfèrent alors s’adapter et acquiescer pour éviter une atmosphère pesante, une dispute, voire des reproches trop difficiles à gérer.

Cette peur peut être liée à des expériences passées où le conflit a été perçu comme destructeur ou dangereux pour soi.

Comment cela se concrétise et peut impacter par exemple votre organisation personnelle, votre emploi du temps ?

Imaginons qu’un de vos collègues, de vos amis ou de vos proches vous demande d’échanger vos dates de vacances pour que cette organisation lui convienne mieux. Vous acceptez sans protester pour ne pas créer de malaise, même si cela complique votre organisation personnelle.

  • La peur du rejet, de déplaire… voire de l’abandon :

Cette peur est liée à un besoin intense d’être accepté.e et aimé.e. Dire « non » est perçu comme un risque de déplaire, de ne plus être apprécié.e, ou pire, d’être exclu.e d’un groupe ou d’une relation.

Pour certains, cette peur peut s’étendre jusqu’à la notion d’abandon. Refuser une demande pourrait alors signifier la rupture d’un lien important.

Il est alors question d’une quête permanente de validation externe qui ne permet plus d’affirmer ses propres souhaits et besoins profonds.

Imaginons : vous êtes épuisé.e après une semaine intense de travail ou d’études, mais vos amis vous proposent une soirée jusqu’au bout de la nuit. Vous dites « oui » de peur d’être perçu comme « dépassé.e » ou d’être mis.e à l’écart du groupe.

  • Le besoin de plaire et de reconnaissance :

Pour ces personnes, dire « oui » est un moyen d’obtenir de la reconnaissance et de se sentir utile ou indispensable.

Elles associent leur valeur personnelle à leur capacité à aider les autres et à répondre aux attentes des autres.

Le refus serait perçu comme un manquement à leur « devoir » et comme une potentielle perte de l’estime des autres.

Elles cherchent à travers leurs comportements à être perçues comme généreuses, serviables, et fiables.

Au fond il y a une faiblesse de l’estime de soi qui se cache et qui a besoin d’être en permanence renforcée.

Imaginons par exemple que vous organisez une fête d’anniversaire démesurée pour votre enfant, avec beaucoup de dépenses et d’efforts. Vous espérez ainsi trouver une reconnaissance inconsciente des autres parents par rapport à votre implication et votre envie d’être un « super parent ».

  • La peur de décevoir :

Cette peur est particulièrement puissante car elle touche à l’empathie et à la responsabilité perçue envers les autres.

Dire « non » est difficile pour certaines personnes qui anticipent la déception sur le visage de l’autre, ou le sentiment de l’avoir « laissé tomber ».

Cela peut venir d’une profonde volonté de ne pas causer de peine ou de gêne à autrui, même si cela signifie se nuire à soi-même.

Ces personnes craignent de ne pas répondre aux attentes placées en elles, et de ce fait, de briser une certaine confiance ou un espoir, des attentes perçues de la part des autres. Elles peuvent avoir de très fortes exigences envers elles-mêmes, totalement illusoires.

Imaginons : votre manager vous confie une tâche en vous disant « Je compte vraiment sur toi pour ça ». Vous ne vous sentez pas capable, mais vous n’osez pas le dire, craignant de briser la confiance qu’il a placée en vous.

  • La peur de rater une opportunité :

Ce motif est souvent plus pragmatique mais tout aussi paralysant.

Il s’agit de la crainte qu’un refus puisse fermer une porte importante, que ce soit une opportunité professionnelle, sociale, ou même une future collaboration.

Les personnes acceptent alors une tâche ou un engagement par anticipation d’un bénéfice futur, même si cela implique un coût immédiat important en termes de temps ou d’énergie.

Elles peuvent se dire « Et si c’était ma seule chance ? » ou « Je ne veux pas me fermer de portes ».

Imaginons : votre responsable vous propose de prendre en charge un nouveau projet qui ne vous passionne pas particulièrement, mais qui est « stratégique » pour l’entreprise. Vous acceptez, de peur de rater une opportunité d’évolution de carrière.

  • Un possible acte de rébellion :

Pour certaines personnes le simple fait de dire non peut être interprété comme un acte d’hostilité ou de rébellion.

Elles ont du mal à différencier le fait de refuser une demande spécifique à celui de s’opposer à la personne elle-même.

Cela peut provenir d’une éducation où l’obéissance était fortement valorisée et l’expression d’une opinion divergente, différente de l’adulte était réprimée.

Elles peuvent alors craindre d’être jugées comme « difficiles », « égoïstes » voire « non coopératives”. La culpabilité est très nourricière de ce genre de comportement.

Imaginons : des membres de votre famille vous donnent des conseils d’éducation avec lesquels vous êtes en désaccord. Vous acquiescez en apparence, mais n’osez pas exprimer votre propre vision de peur d’être jugé comme « mauvais parent » ou « pas à la hauteur » des attentes (comme un enfant qui obéirait à ses propres parents)

Parmi ces situations avez-vous retrouvez des exemples vécus ou des personnes autour de vous avec ce type de comportements ?

Comprendre ces motivations est crucial pour quiconque souhaite apprendre à s’affirmer.

En identifiant les peurs ou les besoins spécifiques qui poussent à dire « oui » malgré vous, vous pouvez commencer à travailler pour développer votre capacité à poser des limites saines.

Ceci est essentiel pour diminuer votre « charge mentale » afin qu’elle ne devienne pas une ennemie de votre quotidien.

Poser ses limites en osant dire Non cela se travaille. Et s’il n’est pas facile de le faire seul, l’aide d’un professionnel bienveillant et neutre est une bonne solution pour apprendre à poser ses limites sans se sentir stressé, coupable ou simplement mal à l’aise.

Et vous y avez-vous déjà songé ? N’hésitez pas à me partager vos expériences !