Les examens approchent à grands pas, et avec eux la question que l’on se pose tous : comment réviser efficacement, sans s’épuiser inutilement ?
En psychologie, j’ai testé différentes stratégies de révision, et aujourd’hui, j’avais envie de vous partager une méthode qui fonctionne vraiment pour moi.
Le constat : l’illusion de la relecture
Commençons par briser un mythe bien ancré.
Nous avons tous passé des heures à relire nos cours, à surligner nos notes ou à « repasser » un chapitre en pensant que cela consolidait réellement nos connaissances. Le sentiment est souvent rassurant : tout semble familier.Pourtant, cette familiarité est trompeuse.
Les chercheurs en psychologie cognitive parlent d’illusion de maîtrise : la relecture donne un faux sentiment de compréhension, sans garantir une véritable mémorisation (Roediger & Karpicke, 2006).
On reconnaît l’information lorsqu’on la voit, mais on est incapable de la produire seul, sans support. Autrement dit, on confond reconnaissance et mémorisation.
Qu’est-ce que le testing effect ?
Le testing effect repose sur un principe simple : le cerveau apprend mieux lorsqu’il est forcé de récupérer une information stockée en mémoire, plutôt que lorsqu’il la reçoit passivement.
Apprendre, ce n’est pas remplir un vase.
C’est muscler le chemin qui mène à l’information. Plus on emprunte ce chemin, en se posant des questions, en cherchant la réponse sans support, plus il devient solide et accessible.
Pourquoi cela fonctionne-t-il ?
Parce que l’effort compte. L’effort de récupération favorise la création de connexions neuronales plus robustes. On parle alors d’effort désirable (Bjork & Bjork, 2020) : un effort qui peut sembler difficile ou inconfortable sur le moment, mais qui renforce durablement l’ancrage en mémoire.
Paradoxalement, plus se souvenir demande un effort (tant que cela reste possible), plus l’apprentissage est profond et durable.
Quelques conseils concrets pour mieux apprendre
Plusieurs méthodes permettent de mobiliser le testing effect au quotidien, en toute autonomie pour tester ses connaissances acquises et les ancrer durablement.
- La méthode de la page blanche
C’est celle que j’utilise le plus. À froid, sans support, on note tout ce dont on se souvient sur un sujet donné, puis on confronte cette production au contenu initial. Cela permet d’identifier précisément ce qui est acquis, ce qui est fragile et ce qui manque.
- Les quiz et questions (avec l’IA)
J’utilise également l’intelligence artificielle pour générer des quiz, sous forme de QCM ou de questions ouvertes. Cela favorise une interaction active et permet de s’auto-tester régulièrement.
Attention toutefois : il est nécessaire de bien maîtriser le contenu, car l’IA peut parfois se tromper. Mais repérer une erreur est aussi un excellent indicateur de connaissances consolidées et cela est souvent très rassurant.
- La méthode des “petits mots”
Vous écrivez les questions sur des bouts de papier, vous les tirez au sort, puis vous rédigez la réponse avant de vérifier. Vous pouvez vous attribuer des points et transformer cet apprentissage en challenge ludique.
Apprendre à apprendre, c’est aussi alléger sa charge mentale
En utilisant le testing effect, on gagne en efficacité, on réduit le stress lié aux examens ou aux présentations professionnelles, et on retrouve confiance en ses capacités cognitives.
Parce que mémoriser, ce n’est pas relire encore et encore : c’est savoir retrouver l’information quand on en a besoin.
Et vous, quelles sont vos méthodes les plus efficaces pour apprendre ? Parlons en ensemble